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  • Nicoline Droogmans

On n'a pas le chien dont on a envie, on a le chien dont on a besoin.

Et parfois, on oublie que les envies ne sont pas des besoins.


En accueillant un chien au sein de votre foyer, vous vous attendiez peut-être déjà à ce que ce dernier bouleverse votre quotidien. En revanche, vous ne vous attendiez sans doute pas à tous les doutes et à toutes les peurs qu'il allait faire naître chez vous. Ou plutôt, qu'il allait soulever, car elles étaient déjà là pour certaines, bien avant qu'il n'arrive dans votre famille.


Entre vos croyances limitantes, vos doutes les plus ancrés et vos peurs les plus profondes, c'est là où se nichera parfois la truffe de votre compagnon de vie. Il fera ressurgir des souvenirs enfouis, même si vous ne pouvez pas mettre de mot sur ces derniers, car vous aurez les émotions avant les images, et c'est la tête de votre chiot ou de votre chien que vous aurez en face de vous à ce moment-là.


Il aura parfois raison de votre patience, parce que vous ne contrôlerez plus l'émotion qui vous submerge. Cela pourra être du stress, de la peur ou bien encore de la colère. Et ce sera un tsunami qui dévastera tout sur son passage, il vous retournera humainement et si vous arrivez à surmonter ces challenges, alors vous en apprendrez beaucoup sur vous et surtout, vous parviendrez à guérir de certaines blessures du passé tout en bâtissant une relation à l'épreuve des plus terribles ouragans.

LES BESOINS LIÉS AU CHIEN


En tant qu'humain, nous avons beau nous dire que nous prenons un chien pour lui, pour ce qu'il est, nous le prenons avant tout pour nous-même. Il ne faut pas se leurrer : si nous avons fait le choix de prendre un chien dans notre foyer, c'est parce que ça nous fait plaisir, nous ne le faisons pas à contre-coeur, à moins d'être dans des circonstances très particulières qui n'engagent alors pas à la construction d'un lien.


Vous avez eu l'occasion de vous renseigner sur les besoins de votre chien, mais vous êtes-vous déjà penché sur les besoins de l'humain ? Saviez-vous que la Pyramide de Maslow, adaptée au chien, concerne au départ l'humain et n'a été que très peu modifiée entre les deux espèces ? En tant qu'humains, nous avons donc des besoins physiologiques (manger, boire, dormir, etc.), des besoins de sécurité (du corps, de l'emploi, etc.), des besoins sociaux (amour, amitié, etc.), des besoins d'estime (confiance, estime personnelle, etc.) mais également des besoins d'accomplissement personnel (sentiment d'utilité). Il y en a d'autres d'ailleurs mais je me focalise ici uniquement sur la Pyramide de Maslow, de sorte à ne pas trop m'étendre sur le sujet.

Il n'y a pas de mauvaise réponse à ce qu'un chien comble comme besoin, il faut simplement en être conscient, de sorte à être sûr qu'il viendra combler un besoin important dans notre quotidien et surtout, un besoin qui ne demande pas d'attente particulière sur notre futur compagnon, même si c'est plus facile à dire qu'à faire. Ainsi, je sais qu'Osa a rejoint mon foyer car elle comble un besoin social, un besoin de sécurité mais également un besoin d'accomplissement personnel, et parfois d'estime également. Le besoin qui prime est cependant un besoin d'accomplissement personnel car elle est dépendante de moi et que je subviens à ses besoins pour la rendre heureuse, je me sens donc utile au quotidien.

LES ENVIES NE SONT PAS DES BESOINS


Les envies sont des moyens de combler nos besoins mais pas toujours. Parfois, elles compensent un besoin sans pour autant que cela ne soit le bon moyen d'y parvenir. Ainsi, se dire « j'ai envie d'un Berger Australien car je trouve que la race est belle, » c'est aller droit vers une erreur de casting si on ne se remet pas en question par la suite. Aller vers une race que l'on trouve belle peut cacher une faible estime de soi que l'on cherche à solidifier en prenant un chien que tout le monde regardera et sur lequel il y aura bon nombre de compliments. Pour autant, si le chien ne se comporte pas parfaitement en société, si des comportements indésirables font leur apparition, alors le besoin d'estime ne sera pas comblé et cela conduira à de l'insatisfaction. Et viennent avec cette insatisfaction de la déception et possiblement de la colère à l'égard de ce chien qui, au final, serait là par erreur... A moins de ne parvenir à se poser les bonnes questions.


Ainsi, avant de prendre un chien, nous devrions tous nous demander : quel besoin se trouve derrière mon envie d'accueillir ce chiot ou ce chien ? Est-il suffisamment important et surtout, cela conduira-t-il à des attentes étouffantes pour mon futur compagnon de vie ? S'il ne répond pas à ce besoin-ci, saurai-je en faire abstraction et l'aimer pour ce qu'il est, en tant qu'individu, et en venir à combler un autre besoin par sa présence ?

LES ATTENTES DÉÇUES ET LA REMISE EN QUESTION

Lorsque nous cherchons à combler un besoin avec l'arrivée d'un chien, si ce dernier dépend du physique ou de l'attitude de cet individu, il est possible que ce besoin reste insatisfait. En effet, un individu a sa propre personnalité, ses envies, ses besoins à lui aussi : en résumé, il est un condensé d'incertitudes à lui tout seul. Il est peut-être tout ce que vous n'auriez pas voulu qu'il soit. Et pourtant, vous allez devoir vous adapter, lui montrer que peu importe ce qu'il est, vous l'aimez pour tout ça à la fois. Autant vous dire qu'il vaut mieux combler un besoin qui ne dépend pas totalement de votre chien mais aussi et surtout de vous, de la façon dont vous vous percevez vous-même.


Si je cherche à combler un besoin d'estime, peut-être est-ce parce que ma confiance en moi peut être améliorée avant toute chose et ce, sans l'aide d'un autre individu ? Si je cherche à combler un besoin de sécurité, peut-être pourrais-je faire une thérapie avant de mettre sur les épaules d'un chien cette insécurité constante ? En résumé, la remise en question est nécessaire pour une relation apaisée avec votre ou vos compagnons canins.


Il n'est pas toujours facile de mettre le doigt là où ça fait mal mais cela permet de ne pas sceller sous une plaque de béton tous les doutes et parfois même les traumatismes que nous avons eus dans notre vie. Le fait de mettre les émotions de toute une vie sur les épaules d'un chien est un poids énorme et parfois, une relation peut tout simplement se briser en mille morceaux dans un binôme humain canin à cause de toutes ces fêlures qui se sont accumulées au fil des semaines, des mois ou des années. Un chien est une caisse de résonance de nos traumatismes les plus profonds, les plus ancrés, et il est aussi là pour nous aider à avancer.


Alors même s'il vous est arrivé d'en vouloir profondément à votre chien, de pleurer, de vous mettre en colère, de ne plus vous contrôler, dites-vous qu'il ne fait que mettre la patte sur une partie fragile de votre cœur qu'il vous aidera à guérir si vous le laissez vous guider. N'oubliez pas que l'énervement ou la colère cachent généralement beaucoup de souffrance. Et cela tombe bien : votre chien est à vos côtés pour vous permettre de la soulager, pour peu que vous vous en rendiez compte et que vous acceptiez de l'accueillir.

© Toutougether - Nicoline Droogmans

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