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  • Nicoline Droogmans

Et si le chien avait besoin d'avoir confiance en lui ?

Dernière mise à jour : 21 juin 2021

On continue cette série de cinq articles sur la Pyramide de Maslow du chien, donc la pyramide de leurs besoins, avec cette seconde publication qui concerne cette fois le besoin d’estime de nos compagnons à quatre pattes.

De façon similaire à l'humain, le chien a besoin d'avoir de l'estime pour lui-même en tant qu'individu. Qu'il en ait conscience ou non, ce besoin n'en est pas moins important. En effet, dans la relation qu'il entretient avec l'humain au quotidien, le fait d'avoir confiance en lui pourra jouer un grand rôle dans sa façon de se comporter jour après jour, autant avec nous qu'avec ses congénères.

Quand je parle d'estime, je parle avant tout de confiance en lui au titre d'individu propre mais aussi de relation basée sur le respect et la bienveillance. Si je mets ceci en avant, c'est avant tout pour parler de cette fameuse relation basée sur « je veux dominer mon chien » qui n'est absolument pas constructive, ni pour l'humain ni pour le chien, et qui n'est par ailleurs étayée d'aucune preuve.

Ce besoin d'estime n'est pas inventé, il n'est pas feint par nos compagnons à quatre pattes, il est bien réel. Cette confiance en lui qu'il développera ou non, nous en serons pleinement responsables et ce, à vie à partir du moment où cette boule de poils aura franchi le seuil de notre porte pour rester chez nous jusqu'à ses derniers jours.

Développer sa confiance en lui lui permettra notamment de prendre des initiatives, de s'essayer à des choses diverses et variées sans craindre de réprimande. Un chien sera forcément plus épanoui en sachant qu'il peut faire des essais qui seront de toute façon récompensés à un moment ou à un autre, plutôt qu'en se demandant quand tomberont les prochains cris.

Ce besoin, commun à l'humain, est compréhensible de par le fait que les mécanismes d'apprentissage entre nos deux espèces sont similaires dans beaucoup de situations. Imaginez donc cinq minutes être brimé à chaque fois que vous essayez oralement lors d'un examen de répondre à une question. Quelle finira par être votre réaction ? Vous deviendrez de moins en moins sûr de vous dans vos essais et à un moment donné, vous n'essaierez plus, vous vous contenterez de vous éteindre pour éviter toute réprimande ou toute moquerie, quelle qu'elle soit.

Chez le chien, c'est la même chose. On observera plus facilement des chiens éteints, incapables de proposer le moindre comportement, lorsque leurs humains utilisent des méthodes coercitives en pensant devoir les dominer à tout prix ou parce qu'ils pensent que c'est là une bonne façon d'éduquer un chien. A quoi bon essayer de nouveaux comportements si à chaque fois il se passe quelque chose de désagréable ?

Au contraire, avec des chiens habitués au renforcement positif, on observera une augmentation des comportements de recherche face à un problème. Quelle pourrait être la solution ? Qu'est-ce que mon humain me demande de faire exactement ? Et voilà qu'on met un ballon devant Médor et qu'il cherche ce qu'on attend de lui. Dois-je la toucher du museau ? Non, ce n'est pas la bonne réponse, je ne suis pas récompensé. Dois-je mettre ma patte dessus ? Ah oui, ça doit être ça, je viens d'être félicité. Et ainsi de suite...

Le tout est de renforcer les tentatives en les récompensant, en permettant à notre chien de réfléchir par lui-même. Et cette confiance en lui lui servira également lors des rencontres avec ses congénères. Il se montrera plus assuré, plus franc avec les autres chiens dans sa communication.

On a tous connu quelqu'un qui hurlait « non » sur son chien en mettant une grosse saccade sur la laisse lorsque Médor allait voir les copains sur lesquels il a grogné, copains qui d'ailleurs venaient vers lui sans politesse aucune. Autant dire qu'ici, l'estime du chien est réduite à quelque chose de minime. Par la suite, il ne faut pas s'étonner de voir un chien devenir réactif, car ayant développé de la peur à l'égard des congénères, ou de voir un chien devenir passif, jusqu'à ne plus réagir du tout en présence de potentiels copains.

Imaginez qu'on vous dise toujours « non, » qu'on ne vous laisse pas vous exprimer sereinement. Imaginez qu'à chaque nouvelle tentative, vous en veniez à craindre des réprimandes. Auriez-vous confiance en vous ? Vous sentiriez-vous capable de réessayer ? Si la réponse qui vous vient est négative, ce qui est celle qui vient le plus aisément dans cette situation hypothétique, alors dites-vous que pour votre chien il s'agit des mêmes mécanismes qui se mettent en place. Des mécanismes de protection et non pas d'apprentissage, chose triste lorsqu'on sait à quel point motiver un chien à apprendre est quelque chose de génial au quotidien.

Alors motivez vos compagnons à quatre pattes, permettez-leur d'apprendre sereinement. Vous voyez certains moments comme des échecs ? Alors baissez vos critères, permettez à votre chien de proposer de nouveaux comportements en ayant moins d'attentes envers lui. Dites-vous que ce n'est pas qu'il ne veut pas faire quelque chose, partez toujours du principe qu'il ne comprend pas ce qui est attendu de lui ou qu'il n'est pas dans l'état émotionnel adéquat pour le faire.

De cette façon, récompensez toujours, ne réprimandez jamais, et motivez-le à faire ce que vous attendez de lui. Prenez soin de la relation que vous entretenez avec lui, permettez-lui de prendre confiance en ses décisions et donc en lui-même. Vous verrez, votre quotidien à tous les deux n'en sera que plus serein. © Toutougether - Nicoline Droogmans www.toutougether.fr contact@toutougether.fr 06-36-10-04-84

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