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  • Nicoline Droogmans

L’état émotionnel de l’humain dans le binôme humain/chien.

Dernière mise à jour : 21 juin 2021

Parce qu'on parle beaucoup des chiens, et c'est tout à fait normal, mais très peu de l'humain. Cependant, pour entretenir une relation, il faut être deux. Lorsqu'on parle d'un binôme entre l'humain et le chien, il y a donc la partie humaine et la partie canine de cette relation, ainsi que la relation en elle-même dont il faut bien évidemment prendre soin jour après jour.

Lorsqu'on décide d'adopter un chiot ou un chien, on doit se dire que c'est bien évidemment une décision prise jusqu'à la fin des jours de l'animal mais également qu'il faudra travailler sur soi. Croire qu'avoir un chien est un long fleuve tranquille, c'est se fourvoyer. C'est se dire que le loulou aura à plier face à tout ce qu'on lui demande sans jamais se remettre en question, alors que c'est là tout le contraire.

Quand un chiot ou un chien arrive à la maison, c'est une nouvelle aventure qui commence et malheureusement, beaucoup ne s'y préparent qu'en terme de temps, de budget ou d'activité physique, très peu en terme de travail sur soi.

Comment réagir si ce chien tant attendu est réactif et se jette à l'autre bout de la laisse en aboyant bien fort contre tous les congénères qu'il croise ?

Comment se comporter quand on rentre chez soi le soir et que ce bébé chien si mignon a détruit une bonne moitié du canapé ?

Comment trouver quoi faire quand cette chienne si adorable vient de grogner et qu'on ne sait absolument pas pour quelle raison elle l'a fait ?

Il y a ces situations-là et bien d'autres encore.

Alors, en tant qu'humain, comment peut-on « bien » réagir ? A vrai dire, il n'y a pas de réponse correcte, il n'y a pas de justesse en terme d'émotions parce que certaines situations toucheront certaines personnes plus que d'autres. Notre humeur peut être changeante au cours d'une journée : éreintée au retour du travail, agacée au bout d'une heure de promenade à avoir un chien qui tracte en laisse, etc.

On ne peut pas nier ses propres émotions, cependant on peut apprendre à les contrôler. Parce que se laisser guider par ces dernières n'est généralement pas bénéfique lorsqu'il s'agit d'émotions négatives.

Si on se sent fatigué, énervé, déçu, triste ou que sais-je, il y aura un bien mauvais mélange si notre loulou se met à aborder un comportement jugé socialement inacceptable. Une majorité d'humains se laissera aller à l'énervement ou à la coercition, tout simplement car ce sont des réactions naturelles qui suivront les émotions éprouvées. Pour autant, s'agit-il des bonnes réactions à avoir ? Sans doute pas.

Dans cet article, je ne souhaite pas juger les réactions humaines qui sont, à mes yeux, toutes compréhensibles en fonction du contexte dans lequel elles sont observées. Pour autant, je voudrais mettre en lumière ce travail sur soi qui devrait accompagner toute adoption réfléchie d'un chiot ou d'un chien, car c'est à mon sens ce qui permettra d'avoir une relation saine avec votre compagnon à quatre pattes.

Il est aisé de rejeter la faute de tous nos maux sur un chien, car après tout il ne peut pas se défendre. Il est bien trop facile de dire qu'il est responsable de ce qu'on éprouve, de ce qu'on lui fait au final. Pour autant, personne ne nous pousse à mal agir vis-à-vis de notre chien. C'est nous, et nous seuls, qui décidons de nous énerver et de dépasser le seuil de l'acceptable vis-à-vis de celui qui partage notre vie. Par moment, il est difficile de se contenir, c'est vrai, mais c'est aussi là que le travail sur soi prend tout son sens pour ne pas passer par de bien mauvaises étapes relationnelles avec nos loulous.

En premier lieu, apprenez à vous connaître vous, avant de chercher à régler le moindre souci de votre chien. Sentez quand l'énervement monte ou quand vous êtes trop fatigué pour travailler sur un comportement. Il vaut mieux ne pas faire de séance d'éducation du tout plutôt que d'en faire une mauvaise à cause d'un souci émotionnel que vous ne gérez pas à ce moment-là. Quand vous rentrez du travail, ou à la suite d'une mauvaise nouvelle, recentrez-vous. Demandez-vous si vous êtes dans un bon état d'esprit pour interagir de façon poussée avec votre ou vos loulous. Si vous sentez une ou plusieurs émotions négatives, abandonnez toute séance qui vous toucherait d'un peu trop près sur le plan émotionnel. Vous vous mettrez en difficulté, vous mettrez certainement aussi votre loulou en échec, et vous finirez pas vous énerver. En clair : la séance n'aura aucun poids en matière d'apprentissage.

Sachez prendre de la distance également avec ce qui peut se passer en une journée. Si mon chien a aboyé contre le chien du voisin en sautant comme un kangourou en bout de laisse, laissez couler : ce n'est rien d'autre qu'un comportement, ça ne définit ni votre loulou ni vous en en tant que personne, et ça ne dit rien sur votre façon de l'éduquer non plus. Même en travaillant jour après jour un loulou, parfois il arrive qu'on fasse un pas en arrière ou même plusieurs, mais ce n'est pas une fin en soi, c'est même ce qui doit nous motiver pour mieux rebondir par la suite. Le fait de prendre en compte vos émotions doit également vous permettre de prendre en compte celles de votre loulou. Concentrez-vous sur ce qu'il ressent, lui-aussi, et permettez-lui de ne pas toujours être capable de se concentrer, d'avoir ses humeurs. S'il ne peut pas se concentrer pour telle ou telle raison, alors on ne force pas et on se pose les bonnes questions. C'est aussi ça, être dans la bientraitance de son partenaire de vie.

Et parfois, les émotions sont plus profondes que ce qu'on peut croire : un deuil mal fait avec le chien qui a précédé le nouveau venu, des traumatismes ancrés qui ne permettent pas d'attachement ou très peu, un sentiment d'échec constant lorsqu'on tente de rééduquer seul son chien et qu'on se rend compte qu'on n'y arrive pas. En résumé, tout ça peut être un frein à l'évolution positive d'une relation entre un humain et un chien, et il faut en tenir compte impérativement.

Avant de vous lancer dans l'adoption d'un loulou, réfléchissez bien à la raison pour laquelle vous souhaitez accueillir un nouveau membre de la famille mais également à tout ce que cela implique émotionnellement pour vous. Serez-vous prêt à travailler sur vous ? A apprendre à contrôler vos émotions ? A faire appel à un(e) professionnel(le) avant de vous sentir en échec ou même au moment où vous sentez que ça ne va plus ? Toutes ces questions méritent d'être posées, car elles impliquent de grandes choses, elles poseront les bases de la relation que vous entretiendrez avec votre chien.

Si les émotions peuvent se comprendre, elles peuvent également être gérées selon leur intensité, mais avant toute chose ce sont nos réactions et nos agissements que nous devons contrôler. Le tout est d'apprendre à se connaître et à savoir lorsque ces derniers risquent de déraper vers de l'énervement, des brusqueries et plus encore. Il est de notre devoir, en tant qu'humains, de nous impliquer dans un travail sur soi afin de faire évoluer aussi sainement que possible notre relation avec nos compagnons canins.

Avoir un chien implique de faire attention à son état émotionnel mais au nôtre aussi, et je dirais même au nôtre avant tout, car nous ne serons pas en état de prendre en considération tout autre état émotionnel si le nôtre n'est pas sous contrôle.

Apprenez auprès de votre chien, permettez-vous de devenir meilleur et dites-vous que cette aventure-là sera toujours la plus belle de votre vie, qu'importe ce qui se passera à l'avenir, alors autant la vivre dans les meilleures conditions. © Toutougether - Nicoline Droogmans www.toutougether.fr contact@toutougether.fr 06-36-10-04-84

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